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Les textes et les photographies sont de Catharina sauf mention contraire. Reproduction interdite sans autorisation écrite de l'auteur.    logsc15.gif



Nouvelles

Dimanche 20 juillet 2008 7 20 07 2008 13:54


Le chat dort dans la boite en carton qui était destinée à recevoir divers papiers et documents. C'est mieux ainsi. J'aime voir le chat dormir dans la boite en carton.


 La fenêtre est ouverte. Dehors les ptérodactyles poussent leurs cris lugubres et déchirants. Des passants apeurés s'interrogent et pressent le pas. « Qu'est-ce que c'est ? Quelle bête peut-elle crier ainsi ? » Ils tournent la tête dans tous les sens, cherchent de leurs yeux inquiets, ne voient rien. Ils se mettent à courir pour fuir la bête invisible. Ils s'éloignent, disparaissent au coin de la rue. Là-bas, ils n'entendent plus les cris. Peut-être se sentent-ils hors de danger. La bête ne peut plus les atteindre. Ils ont raison, les ptérodactyles vivent en volières, de grandes cages de fer qui les tiennent prisonniers. Mes voisins sont éleveurs de ptérodactyles, ces lézards volants du jurassique. Ils les nourrissent de cadavres d'animaux. C'est mon chat qui attrape et tue leurs repas. Et mon chat dort, maintenant, dans la boite en carton.

 

Par Catharina - Publié dans : Nouvelles - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Jeudi 6 mars 2008 4 06 03 2008 14:08
 
 
J’avais décidé de faire une randonnée seule dans les montagnes — quelle idée ai-je eu là ? —, et je me suis perdue au milieu de nulle part, dans un épais maquis entre ciel et terre. En bas, le précipice, en haut, une grotte, me semblait-il. J’escaladais la pente raide, risquant à chaque pas de rouler sur une pierre et perdre l’équilibre. Bien que possédant aux pieds de bonnes chaussures de marche, je n’avais rien d’une chèvre, ni d’un chamois, et encore moins d’un dahu.
 
Le soleil de Provence me cognait sur la tête et me cuisait la peau. L’air sec et poussiéreux me brûlait la gorge. Nous étions en juillet, un vingt-deux, pour être précise, le jour de Canicule, ce chien détestable que les Romains traitaient de bâtard.
 
J’arrivai enfin à cette anfractuosité aperçue plus bas. C’était bien l’entrée d’une grotte. J’y risquai un pas puis un second, j’avançai encore un peu, laissant derrière moi la lumière éclatante du midi. Une fraicheur apaisante m’enveloppa aussitôt. Je retirai mes lunettes de soleil et les rangeai dans une poche. Déjà, j’y voyais mieux dans cette pénombre. Je choisis une grosse pierre cubique pour m’y asseoir et me reposer. J’en profitais pour boire un peu de l’eau de ma gourde et croquer dans une barre de céréale. J’avais une lampe torche dans mon sac à dos, je la sortis en prévision d’une exploration prochaine. Tout en mâchouillant ma barre énergétique, j’allumai la torche et dirigeai son faisceau devant et autour de moi. La grotte était immense. Curieuse, je me levai et pénétrai plus profondément dans le nombril de la Terre.
 
— Oh ! fis-je pour tester l’écho.
— Oh ! répondit-il.
— Oh ! ého !               — Eho !
— Salut l’écho ! Me voilà à ta merci.      — Merci
— Je pourrais chanter mais je n’ai point de lyre.          — de lire
— Sais-tu qu’aujourd’hui, j’aurais dû me rendre à Sète ?          — cette
— J’ai préféré me promener avec ce simple équipage.             — page
— Je devais rendre visite à Tante Emma, cette vieille rentière.        — entière
— Pour y échapper, j’avoue, parfois je mens.            — ment.
— Mais mentir tient du serpent qui se mord la queue.     — Que
— Mes mensonges me font de la peine.           — ne
— D’autant plus que celui-ci sonnait faux.        — faut
— J’aurais dû trouver un prétexte plus subtil.         — t-il
— Ou lui dire simplement que  je ne viendrai pas.                    — pas.
— Et le mois prochain, que vais-je encore inventer ?           — inventer
— Que je suis en voyage à Singapour ?           — pour
— Tiens ! C’est une bonne idée à retenir.         — retenir
— Non ! Décidemment je suis impardonnable.            — le
— Et toi, l’écho, de ma bêtise tu te délectes.         — lect
— Moque-toi, continue, mais dis-moi, as-tu souvent des visiteurs ?     — eur !
 
Je me tus soudain, persuadée que l’écho ne m’apprendrait plus rien. Je ramassai mon sac à dos et mon bâton, sortis de la caverne et me remis en marche.
 

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Par Catharina - Publié dans : Nouvelles - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Jeudi 8 novembre 2007 4 08 11 2007 10:28


Huit générations s'étaient succédées depuis la Grande Destruction. L'équipe d'entretien avait redécouvert un des puits qui menaient en surface après un éboulement dans le secteur "D". Aussitôt le feu vert avait été donné et, dans l'euphorie générale, les volontaires s'étaient rués vers le Bureau de Recrutement des Explorateurs. Deux éclaireurs étaient sortis à l'air libre, mais aucun n'était encore rentré. Simon avait été désigné pour les retrouver et pour apporter quelques informations sur l'état du globe terrestre et de son atmosphère. Il avait reçu l'ordre de ne rien tenter qui pourrait mettre sa vie en danger. Sa mission était avant tout de revenir vivant.
Le responsable chargé de l'Exploration de la Surface donna une dernière poignée de main à Simon et lui souhaita bonne chance.

- Allez-y, dit-il, et revenez vite.

Simon posa un pied sur le premier barreau de l'échelle et monta lentement, échelon par échelon. Le puits était haut de sept cents mètres. L'ascension fut longue et éreintante. Simon s'arrêta souvent pour souffler, sans oser regarder dans le vide qui se creusait sous lui.

Les électriciens avaient posé à intervalles réguliers de petites lampes qui diffusaient une lueur juste suffisante pour lire les repères peints sur la paroi. Plus que cinquante mètres. Simon approchait du but...Vingt mètres. Il s'essuya le front du revers de la main...Dix mètres...Cinq mètres...Il voyait la trappe. Encore quelques échelons, et il aperçut le levier...Deux mètres...Il soupira et actionna le levier.

La trappe s'ouvrit. Un souffle chaud et incroyablement sec s'engouffra dans le puits. Simon sortit prudemment la tête et regarda au dehors. Il ne vit qu'un désert de pierraille et une terre brûlée par le soleil. Il se hissa hors du puits, s'orienta et commença sa marche. Mais le soleil était trop chaud, beaucoup trop chaud, et sa lumière trop vive. Simon ne le supporterait pas longtemps. Il le savait. Il sentait déjà ses forces le quitter et fut pris de vertige. Il vacilla et s'écroula sur le sol, sans connaissance.

Non loin de là, un groupe d'hommes avait vu la scène. Ils avançaient péniblement à côté d'un grand char de bois tiré par des bœufs. Ils ramassèrent Simon et l'emmenèrent avec eux...

Quand Simon reprit ses esprits, il entendit d'abord le son d'un piano. Il savait qu'il s'agissait d'un piano car il en avait écouté de nombreux enregistrements dans sa base souterraine. Puis, il entendit un rire, un rire de petite fille, percutant, inquiétant comme le rire d'une hyène affamée. Il ouvrit les yeux.

- Taug ! fit la petite fille, tu te réveilles ?

Il regarda autour de lui. Quel lieu étrange... Il se trouvait dans une sorte de serre gigantesque où croissaient arbres et plantes de toutes sortes. Un ruisseau dévalait une colline. Au sommet d'une autre colline, il aperçut un homme en frac, aux cheveux en bataille, qui jouait sur un grand piano noir.

- Taug ! fit encore la petite fille. Tu veux jouer avec moi ?

Simon ne prêta pas attention à la gamine. Il était fasciné par le pianiste.

- Tu es comme les autres ! fit la fillette en colère.

Simon sursauta.

- Comme les autres ?

- Oui, comme les autres taugs qui sont venus avant toi !

- Les autres taugs ?

- Deux hommes-taupes comme toi...Montre-moi comment font les hommes-taupes, montre-moi comment tu sors de la terre !

- Fiche-moi la paix ! Dis-moi plutôt où sont ces deux hommes qui m'ont précédé.

La petite fille ignora Simon et tendit l'oreille vers la colline au piano. Le pianiste était affalé sur son clavier, comme mort.

- Tiens, Beethoven s'est arrêté. Aide-moi à le remonter et je te dirai où sont tes amis.

- D'accord, fit Simon.

La petite fille alla chercher une grosse clé, et ils gravirent ensemble la colline. Elle enfonça la clé dans le dos de l'automate et laissa Simon remonter le mécanisme. Aussitôt, Beethoven se remit à jouer.

- Alors, où sont-ils ? demanda Simon, impatient.

- Viens, suis-moi, dit la petite fille.

Elle l'emmena sur un terrain nu et bien ratissé.

- Ils sont là, dit-elle.

- Où, là ?

- Eh bien, là, sous la terre. Mais ce ne sont pas de vrais hommes-taupes car ils n'en sont pas sortis. Toi, tu creuseras, n'est-ce pas ?

Horrifié par ce qu'il venait d'entendre, Simon ne vit pas la fosse béante juste derrière lui. Il fit un faux pas et tomba dedans.

La petite fille tira sur une corde qui pendait d'une poutrelle. Une espèce d'entonnoir géant coulissa sur un rail suspendu à la voûte et vint se placer au-dessus du trou. La petite fille tira sur une autre corde. L'entonnoir s'ouvrit et déversa son contenu sur Simon épouvanté. Plusieurs tonnes de terre fine et humide le recouvrirent, et bientôt, on ne vit plus que sa main qui, tendue vers le ciel, se crispait dans un ultime espoir. Et puis, sa main aussi disparut.

La petite fille attendit longtemps et patiemment que la terre remue. Mais la terre ne bougea pas. Alors elle comprit qu'elle s'était encore trompée.



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Par Catharina - Publié dans : Nouvelles - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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