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Les textes et les photographies sont de Catharina sauf mention contraire. Reproduction interdite sans autorisation écrite de l'auteur.    logsc15.gif



Gayttoclear la Magnifique (saga satirique)

Jeudi 14 février 2008
Episode 7
                                                                       A mon ami Fred que j’aime
                                                                                 
 
 
Les festivités battaient leur plein à Gayttoclear-City : carnaval dans les rues, festival de couleurs, de musiques, feux d’artifice. Partout, on dansait, on riait, on paradait. Les Gayttocleariens aimaient faire la fête — c’était dans leur nature, disait-on —, et ne rataient aucune occasion de la faire, à tel point qu’on se demandait parfois s’ils avaient un jobotaff* (*Jobotaff : du pléonasme job et taf, travail, activité professionnelle – origine terrienne bien que les Grossinotrons de Glumsxkra revendiquent depuis peu l’origine du mot).
 
Fidèles à leur réputation, les habitants de Gayttoclear-City, avaient très vite organisé les festivités, dès qu’ils avaient appris leur victoire sur Dark Sarko. (lire épisode 6)
 
Des Stars du Show-biz* (* Show-biz : altération de chaud et bise, milieu chaud où tout le monde se fait la bise, origine terrienne), des stars du Show-biz, disais-je, avaient été aimablement conviées. Parmi celles-ci Larka Blanchi, ex-mannequin reconvertie dans la chanson, et surtout, celle que tous attendaient, la Star des Stars, la plus extraordinaire, l’illustrissime, la sublimissime, La GRANDE FREDA OF PARIS, Reine incontestée et incontestable des Drag-Queens.
 
Les fans, dès qu’ils avaient su qu’elle arrivait, s’était précipités avenue des Champs Balisés où la star possédait un hôtel particulier. Les agents de sécurité, bien qu’aidés de DC* (*DC : Droïdes Costauds) avaient des difficultés à maintenir l’ordre devant sa porte.
 
La limousine de la Grande Freda creva soudain le ciel et atterrit devant l’hôtel. La foule devint hystérique. Cris, piétinements, évanouissements, on se serait cru à un concert des quatre scarabées de l’hiver-poule.
 
Et soudain, la portière s’ouvrit, une chaussure pointure 48 montra le bout de son nez . La foule retint son souffle.
 
    Darlinnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnng ! Aide-moi, je suis coincée ! Elle est bien trop petite cette limousine. Comment je fais, moi, avec mes talons de cinquante centimètres ?
 
Le portier vola à son secours, déplia le marchepied et attrapa la main de la star. La Grande Freda apparut toute entière, resplendissante et plus exubérante que jamais avec son grand chapeau, son boa en duvet de zob* (* oiseau coureur à tête chercheuse de la planète Tentra du système XX-XY), ses lunettes de soleil made in China, sa canne de souveraine à pommeau d’or. La foule se mit à hurler.
 
Une nuée de micro-caméras flottantes tournoyait autour d’elle comme un essaim d’abeilles. De temps en temps, Freda leur donnait un coup de canne pour leur signifier qu’elle souhaitait plus de respect. Certaines d’entre-elles appartenaient à Marlène Godasse qui fit la grimace quand elle vit sur son écran-bracelet qu’une, puis deux, puis trois de ses micro-cams avaient rendu l’âme.
 
Marlène et Lucy Skywalker, en retrait, observaient la Grande Freda qui signait des autographes.
 
    Elle est divine, s’exclama Lucy admirative.
     Divine, peut-être mais elle à eu le temps de me bousiller trois micro-cams. Cette Freda est une bourrique. Elle se la pète un peu, non ?
    Oui, mais elle est adulée, ici. C’est  un grand personnage, c’est Notre Star. N.S.
    Notre Star qui Jacasse et Crie ?
    Tout à fait : N.S.J.C.
    C’est curieux, ça me rappelle vaguement quelque chose ces initiales…Ah ! oui, je me souviens : Le Pape Hautain 1er et sa vieille secte décrépie qui tente de reprendre du pouvoir. Il faudrait que je fasse un sujet là-dessus, un jour.
 
Lucy et Marlène se regardaient tendrement dans les yeux.
 
— Ca te dirait un petit voyage sur Terre ? demanda Marlène à Lucy.
 
(à suivre )
 
 
 
 
Par Catharina
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Mercredi 30 janvier 2008
Episode 6
 
Les habitants de la galaxie toute entière avaient les yeux rivés sur leurs écrans. Dans la rue, au bureau, au milieu du désert, au fond des océans ou à bord des cargos-tankers longs courriers, chacun suivait l’évènement-phare du moment
 
Le sort d’une petite planète perdue dans le système XX-XY qu’on n’aurait à peine remarquée si sa capitale n’avait été Gayttoclear-la-Magnifique, - la plus prodigieuse cité de l’univers -, passionnait la multitude, toute ethnie confondue, humains et non-humains, des Crapodules filiformes de Krankor aux voluptueux Liminériens de Tournicol, en passant par les Morpionnides de Samegratt.
 
Dark Sarko allait-il attaquer Gayttoclear-la-Magnifique ?
 
Pierre Kiroul* (* lire le premier épisode) tentait de reprendre la liaison avec Marlène Godasse, grand reporter à Canal-Terre Z2+. La jeune femme apparut sur les écrans.
 
    Marlène, vous êtes en direct. Comme je viens de le dire à nos téléspectateurs, cela semble bouger autour de Gayttoclear. Les croiseurs de la CAG manœuvrent. Ils semblent qu’ils fassent demi-tour, mais le destroyer du chef suprême des armées est toujours à portée de tir.
 
    En effet, Pierre. L’Empereur s’est déplacé en personne pour rencontrer Dark Sarko et ce dernier a renvoyé la flotte de la CAG, ce qui est un bon signe. Ici, l’ambiance est à l’optimisme….Attendez…une nouvelle information nous parvient à l’instant. Nous avons en direct l’hologramme du gouverneur de Gayttoclear, F.C. Endko.
 
Les caméras de Marlène se ruèrent sur l’image holographique du gouverneur.
 
    Que dit-il, Marlène ? nous n’avons pas le son.
 
    C’est tout à fait normal, Pierre. Le message est crypté. Le gouverneur s’adresse à Lucy          Skywalker et aux Gayttocleariens. Mais d’après ce que je peux entendre…Oui ! Pierre ! C’est une excellente nouvelle ! Le super-destroyer de Dark Sarko repart. Nous sommes sauvés ! C’est formidable ! Je n’en reviens pas ! Wouahhhhhhhhhhou ! Youpeeeeeeeeeeeeee ! Skkrrrrrrrrrrrrrrr ffffffffffrreeeeeeeeeeeeeeee …kkkkkkkkkkkkkkrrrrrrrrrrr…krakkkkk !
 
La liaison fut coupée, une fois de plus. Marlène, dans un élan de joie avait malencontreusement balancé son émetteur dans la foule et il était si petit, si petit… (lire l’épisode 2). Sur Terre, Pierre Kiroul s’arrachait les cheveux.
 
        — Cette nana est incontrôlable. Vite ! Envoyez le deuxième sujet !
 
 
Le soulagement des Gayttocleariens fut immédiatement suivit d’un esprit festif spontané. Ils remontèrent en surface et préparèrent une grande fête pour marquer la victoire.
 
Du haut du Rocher, promontoire qui surplombait la cité et dont la résidence du Gouverneur occupait le sommet, Fred Cristobal Endko se frottait les mains.
 
    Les imbéciles ! On leur fait gober n’importe quoi. Ils n’ont pas compris qu’ils sont mes esclaves. Ah ! Ah ! Ah ! Gayttoclear, c’est Mythique* ! 

(*L’auteur n’est pas en mesure de décoder les paroles du gouverneur et prie le lecteur de l’en excuser)
 
(à suivre…)
 
 
 
 
Par Catharina
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Dimanche 16 décembre 2007


- L’Empereur ? Que me veut-il celui-là ?

A bord du super-destroyer, Dark Sarko suivait des yeux l’arrivée de l’Empereur sur son écran de contrôle. Irrité par cette visite impromptue, il tapotait nerveusement de ses doigts gantés de noir le rebord de la console. L’Empereur était revêtu de sa robe de bure du Jet d’aïl, prestigieux ordre chevaleresque qui tenait son nom de la forte odeur que dégageaient ses membres. Son visage disparaissait dans l’ombre de son capuchon rabattu sur sa tête ; son pas était rapide et déterminé : il était visiblement en colère. La porte s’ouvrit. Il entra. Dark Sarko posa un genou à terre et s’inclina respectueusement.

- Maître, dit-il.

- Ça va, ça va ! fit l’Empereur agacé.

Dark Sarko se releva. L’Empereur trépignait de rage.

- C’est pas possible ! Je ne peux pas te laisser une semaine seul sans que tu fasses des conneries ! Mais qu’est-ce que je vais faire de toi ? Je prends une semaine de vacances et, à peine débarqué sur Tartenpion, qu’est-ce que j’apprends ? Que Dark Sarko est en pleine crise de paranoïa et qu’il projette de détruire une petite planète qui ne fait de mal à personne, avec tous ses habitants !

- Mais, Maître, les émeutiers de Gayttoclear ont pris le gouverneur en otage ; ils ont soulevé le peuple contre vous…

- Assez ! Il n’y a jamais eu d’émeute ni de révolution sur Gayttoclear, pas plus que de prise d’otage ! (lire épisode 4) Et puis retire-moi ce casque et ce masque ! Tu m’énerves à la fin, à te cacher ainsi !

- Mais Maître, c’est impossible. Vous savez bien … je ne peux pas respirer sans ce masque.

- Si je le sais ? Evidemment, c’est moi qui t’ai créé, imbécile !

L’Empereur fit tomber son capuchon sur ses épaules.

- Sans moi, George Lucas, tu n’existerais pas.

- C’est Vous ?

- Ben oui, c’est moi, l’Empereur ! Tu es un pur produit de mon imagination. Alors tu le retires ce masque ? Car ça aussi, mon pauvre vieux, c’est bidon ! Oui, ton poumon d’acier, là, c’est juste une astuce de scénariste !

Dark Sarko se débarrassa de son casque et de son masque et put constater qu’il respirait normalement. Mais soudain, il détourna sa face et plaqua sa main sur son visage.
 
- Pouah ! fit-il, ça fouette !
 
- Quoi donc ?
 
- Vous, Maître.
 
- Tant que ça ?
 
Dark Sarko se sentait mal. Il devint écarlate, il suffoquait.
 
- Aaaaarghh ! fit-il avant de s’écrouler sur le sol.
 
- Mais c’est qu’il nous fait une syncope, l’animal. Remets ton masque, vite ! Ah là là ! J’ai complètement oublié que tu es allergique à l’ail. Mais, oui, c’est pour ça que tu portes tout cet attirail.
 
L’Empereur aida Dark Sarko qui, grâce à son appareillage, put à nouveau respirer l’air ambiant.
 
- Que s’est-il passé ? s’enquit Dark Sarko, revenu à lui.
 
- Rien, tu as eu un petit étourdissement. Mais ça va mieux maintenant, hein ?
 
- Oui père, répondit Dark Sarko, un sanglot dans la voix. C’est de savoir que tout est faux, tout est illusion …ça me donne le bourdon.
 
- Tu ne vas te mettre à pleurnicher. Il n’y a pas cinq minutes, il était prêt à pulvériser des milliards de vies, et voilà qu’il se met à pleurer. Ce n’est pas possible ! Je ne m’en sortirais jamais avec toi. Tu vas arrêter tes conneries ? Ou il faut que je te botte les fesses ?

- Oui, père. Je ferais ce que vous me demanderez.

- A la bonne heure ! C’est tout ce que voulais entendre. Commence par renvoyer tous les croiseurs de la GAG, et désarme ton fichu destroyer !

- Oui, père, fit Dark Sarko, en sortant pour rejoindre le commandant Nazbrock sur la passerelle.
 
À l’opposé, une navette ambulance, tout gyrophare et sirène allumés, venait d’apponter le navire amiral. Quatre robots infirmiers en descendaient. L’Empereur qui avait aperçu la scène sur un écran de contrôle fut prit d’une certaine agitation.
 
- Eh bien ! dit-il, il va falloir que j’y aille, moi. Eh hop !
 
Il prit la fuite dans les coursives du destroyer, mais les droïdes étaient plus rapides que lui. Ils ne tardèrent pas le rattraper.
 
- Je ne suis pas fou ! Je ne suis pas fou ! criait-il en se débattant.

Les robots infirmiers l’affublèrent d’un bâillon et d’une camisole électronique.
 
- On rentre à la maison, dit l’un d’eux. Tu vas revoir tous tes petits camarades, Jésus, Jules César, Napoléon, le Pape Hautin1er. Ils ne te manquent pas ?
 
L’Empereur se convulsait de rage.
 
Par Catharina
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Jeudi 6 décembre 2007
 
Marlène se connecta au réseau de Gayttoclear, entra le pseudo de Lucy sur le terminal qu’elle portait sur l’avant bras.

- Bonjour, Lescarottessontcuites. Je suis Marlène Godasse de Canal-Terre Z2 +. J’aimerais vous rencontrer. C’est urgent.

Le visage de Lucy apparut presque aussitôt sur l’écran.

- Bonjour Marlène. Appelez-moi Lucy…Où êtes-vous ?

- A Gayttoclear City. Puis-je vous rencontrer ? C’est au sujet de ce qui se passe… ou plus exactement de ce qui ne se passe pas ici…

- Vous avez réussit à entrer ? Peu importe. Je vous attends devant la fontaine du grand forum, dans un quart d’heure.

L’écran s’éteignit. Marlène eut le temps de sauter dans un taxi-bulle sans chauffeur, et de traverser la ville déserte. Où étaient donc les gayttocleariens ? Pas l’ombre d’un être vivant dans cette mégalopole. C’était incompréhensible. Marlène ressentait un certain malaise devant ce vide, ces rues, ces immeubles sans vie. Le taxi-bulle longea le grand forum, désert lui aussi, et la déposa devant la fontaine. Marlène descendit et chercha Lucy des yeux. Elle n’était pas là.

- Marlène ?  fit une voix.

La jeune femme sursauta.

- Je suis ici, derrière vous, fit Lucy.

Lucy venait de sortir de la fontaine par un passage dans les sculptures. Elles se présentèrent à nouveau.

- Où sont les gayttocleariens ? demanda Marlène.

- Je vais tout vous expliquer, mais pour le moment, suivez-moi. Nous n’avons plus de temps. Le destroyer de Dark Sarko vient d’arriver et il se prépare à attaquer.

Elles entrèrent toutes les deux dans la fontaine monumentale et se retrouvèrent dans un ascenseur. Elles descendirent, descendirent, descendirent encore.

- Où allons- nous ? s’enquit Marlène.

- Là où les gayttocleariens se réfugient quand ils sont en danger. Dark Sarko veut nous détruire. Depuis longtemps déjà, il nous menace.

- Mais, le coup d’état ?

Lucy sourit.

- Une rumeur que nous avons fait courir. Nous avons contaminé les drones espions de Dark Sarko avec des nanites porteuses de fausses informations. Le but était de lui faire croire à une révolte et à un coup d’état pour qu’il révèle enfin sa vraie nature aux yeux de tous, et surtout aux yeux de l’Empereur. C’était le seul moyen de le faire bouger. L’empire est trop grand, et il se soucie peu de notre petite planète.

Elles sortirent de l’ascenseur et se dirigèrent dans un couloir qui débouchait sur une salle circulaire. Lucy ouvrit une porte.

- Les gayttocleariens sont là, dit-elle. Une partie d’entre eux. Nous avons des centaines d’endroits comme celui-ci dans les sous-sols de Gayttoclear.

Marlène resta ébahie devant cet immense jardin qui s’étendait devant elle. Toute cette verdure, ces arbres, ces fleurs magnifiques, cette cascade d’eau claire, ces rochers couverts de mousses l’émerveillaient. Des licornes paissaient tranquillement au milieu de ce paradis. Même le soleil brillait dans le bleu du ciel. Et les gayttocleariens, en petits groupes ou en couples, semblaient si heureux. Quand ils passaient devant elle, ils la saluaient avec de grands sourires.

- Bonjour Marlène, firent deux femmes. Et puis ce fut au tour d’un homme :

- Bonjour Marlène.

- Ils me connaissent ? demanda-t-elle à Lucy.

- Qui ne connaît pas Marlène Godasse, la grande journaliste !

- Et le soleil qui brille, là, il est vrai ?

- Non, mais il en a les propriétés. Et le soir, il disparaît à l’horizon ; la nuit tombe et nos deux lunes apparaissent avec toutes les constellations du ciel.

- C’est étonnant, fit Marlène.

- Bien entendu, je compte sur vous pour ne pas divulguer ce secret.

- Bien sûr, fit Marlène avec un sourire de complicité.

A ce moment, une image holographique de taille humaine apparut devant elles. C’était le gouverneur de Gayttoclear, Fred Cristobal Endko.

- Ah ! Excellence, fit Lucy. Et l’Empereur ?

- Il était à la pêche à la ligne sur Tartempion à l’autre bout de la galaxie. Il ne devrait plus tarder maintenant.

- Espérons- le, fit Lucy très inquiète. Sinon…

L’hologramme du gouverneur se brouilla subitement.

- Que se passe-t-il ? s’enquit Marlène.

L’hologramme retrouva sa forme initiale.

- Ça y est, Lucy, on vient de m’informer que l’Empereur a abordé le destroyer de Dark Sarko !
 
La nouvelle se répandit dans les jardins secrets de Gayttoclear. Ce fut un soulagement, mais la partie n’était pas encore gagnée. Il fallait attendre le dénouement de la confrontation entre l’Empereur et   Dark Sarko.
 
Alors Marlène et Lucy marchèrent un peu côte à côte. Elles sympathisèrent très vite, abandonnèrent le vouvoiement un peu rigide, et allèrent s’asseoir sur un banc tout près de la rivière où se désaltéraient les licornes…le soleil déclinait déjà derrière les collines…une brise légère et parfumée venait caresser leur visage…
 
♫ ♫ ♪ ♫ ♪ ♪ ♫  la la la chabadabada  chabadabada  ♫ ♪ ♪  la la la chabadabada chabadabada  ♫ ♫ ♪ ♫ ♫ ♪ ♪
 
Par Catharina
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Mercredi 28 novembre 2007

Pendant ce temps, Marlène Godasse, en orbite géostationnaire au dessus de Gayttoclear-City, essayait de récupérer son émetteur-récepteur tombé pour la seconde fois au fond de son verre de Koka. (voir épisode 1)

- Mince ! C’est pas vrai ! Cette fois la liaison est vraiment coupée. Ils ne peuvent pas les faire encore plus petits ces machins ? J’arrête pas de les perdre ! Celui-là est mort. Le Koka a bouffé les circuits.

D’un geste, elle jeta le tout à la poubelle.

- Arlette, zoom avant sur Gayttoclear.

Arlette, c’était l’interface à visage et voix humaine de son ordinateur de bord. Marlène lui avait donné ce prénom car elle lui rappelait une de ces ancêtres qui avait vécue sur la Terre au vingtième et vingt et unième siècle.

La jeune femme scrutait l’écran à la recherche d’un indice, d’une faille.

- Zoom avant sur le cœur de la cité. Secteur D… Zoom avant.

Marlène voyait parfaitement la structure externe de Gayttoclear, ses immeubles, ses avenues, ses rues. Celles-ci étaient désertes. Rien ne bougeait, comme si la ville était endormie. Pourtant, il faisait jour dans cette zone planétaire. Bizarre…

- Arlette, zoom arrière.

Marlène voulait une vue d’ensemble de la cité.

- Qu’est-ce que c’est que ça ? fit-elle soudain.

- Un drone de la CAG, répondit Arlette. Il vient de sortir du cœur. (CAG : voir épisode 1)

- Verrouille-le.

Le verrouillage permettait de suivre l’objet à l’écran. Le drone filait droit en direction du ciel. Marlène pensa qu’il allait s’écraser contre le bouclier, mais l’engin passa. Le bouclier s’était désactivé un instant, juste à cet endroit.

- Un autre arrive, dit Arlette, mais celui-ci entre.

- C’est un vrai moulin cette cité ! fit Marlène. Allez ! On y va !

Marlène prit les commandes de la navette et amorça sa descente atmosphérique, immédiatement suivit par un patrouilleur de police qui l’avait repérée.

- Merde ! Les keufs ! (Keuf : synonyme de policier. Origine : probablement terrienne, XXe s.). Arlette, préviens- moi dès qu’un drone est prêt à entrer ou sortir, prends les commandes et fonce !

- Pas de problème, Marlène, cet ordre entre dans la ligne de notre protocole (signature numérique n° 3300000154074 du 17 mars 2312). Les camarades de travail et les militants syndicalistes...

- La ferme, Arlette !

C’est ainsi que Marlène Godasse réussit à franchir le bouclier de protection de Gayttoclear. Le patrouilleur de police était arrivé trop tard et avait dû virer de bord in extremis pour ne pas s’écraser contre l’écran invisible qui s’était reformé juste après le passage de la navette de Marlène.

La jeune femme reprit les commandes et se posa dans un coin tranquille de la cité. Gayttoclear semblait paisible. Pas d’émeute, pas de violence, pas de manifestation, pas de crise apparente. Mais alors ? Marlène n’y comprenait plus rien. C’était peut-être différent au Rocher, le siège du gouvernement de Gayttoclear, pensa-t-elle. Mais elle n’avait pas le temps de vérifier. Le moment était venu d’entrer en contact avec Lucy Skywalker alias Lescarrottessontcuites.


(à suivre…)

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Par Catharina
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