Episode 7
A mon ami Fred que j’aime
Les festivités battaient leur plein à Gayttoclear-City : carnaval dans les rues, festival de couleurs, de musiques, feux d’artifice. Partout, on dansait, on riait, on paradait. Les
Gayttocleariens aimaient faire la fête — c’était dans leur nature, disait-on —, et ne rataient aucune occasion de la faire, à tel point qu’on se demandait parfois s’ils avaient un jobotaff*
(*Jobotaff : du pléonasme job et taf, travail, activité professionnelle – origine terrienne bien que les Grossinotrons de Glumsxkra revendiquent depuis peu l’origine du mot).
Fidèles à leur réputation, les habitants de Gayttoclear-City, avaient très vite organisé les festivités, dès qu’ils avaient appris leur victoire sur Dark Sarko. (lire épisode 6)
Des Stars du Show-biz* (* Show-biz : altération de chaud et bise, milieu chaud où tout le monde se fait la bise, origine terrienne), des stars du Show-biz, disais-je, avaient
été aimablement conviées. Parmi celles-ci Larka Blanchi, ex-mannequin reconvertie dans la chanson, et surtout, celle que tous attendaient, la Star des Stars, la plus extraordinaire,
l’illustrissime, la sublimissime, La GRANDE FREDA OF PARIS, Reine incontestée et incontestable des Drag-Queens.
Les fans, dès qu’ils avaient su qu’elle arrivait, s’était précipités avenue des Champs Balisés où la star possédait un hôtel particulier. Les agents de sécurité, bien qu’aidés de DC* (*DC :
Droïdes Costauds) avaient des difficultés à maintenir l’ordre devant sa porte.
La limousine de la Grande Freda creva soudain le ciel et atterrit devant l’hôtel. La foule devint hystérique. Cris, piétinements, évanouissements, on se serait cru à un concert des quatre
scarabées de l’hiver-poule.
Et soudain, la portière s’ouvrit, une chaussure pointure 48 montra le bout de son nez . La foule retint son souffle.
— Darlinnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnng ! Aide-moi, je suis coincée ! Elle est bien trop petite
cette limousine. Comment je fais, moi, avec mes talons de cinquante centimètres ?
Le portier vola à son secours, déplia le marchepied et attrapa la main de la star. La Grande Freda apparut toute entière, resplendissante et plus exubérante que jamais avec son grand chapeau, son
boa en duvet de zob* (* oiseau coureur à tête chercheuse de la planète Tentra du système XX-XY), ses lunettes de soleil made in China, sa canne de souveraine à pommeau d’or. La foule se mit à
hurler.
Une nuée de micro-caméras flottantes tournoyait autour d’elle comme un essaim d’abeilles. De temps en temps, Freda leur donnait un coup de canne pour leur signifier qu’elle souhaitait plus de
respect. Certaines d’entre-elles appartenaient à Marlène Godasse qui fit la grimace quand elle vit sur son écran-bracelet qu’une, puis deux, puis trois de ses micro-cams avaient rendu l’âme.
Marlène et Lucy Skywalker, en retrait, observaient la Grande Freda qui signait des autographes.
— Elle est divine, s’exclama Lucy admirative.
— Divine, peut-être mais elle à eu le temps de me bousiller trois micro-cams. Cette Freda est
une bourrique. Elle se la pète un peu, non ?
— Oui, mais elle est adulée, ici. C’est un grand personnage, c’est Notre Star. N.S.
— Notre Star qui Jacasse et Crie ?
— Tout à fait : N.S.J.C.
— C’est curieux, ça me rappelle vaguement quelque chose ces initiales…Ah ! oui, je me souviens
: Le Pape Hautain 1er et sa vieille secte décrépie qui tente de reprendre du pouvoir. Il faudrait que je fasse un sujet là-dessus, un jour.
Lucy et Marlène se regardaient tendrement dans les yeux.
— Ca te dirait un petit voyage sur Terre ? demanda Marlène à Lucy.
(à suivre )
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